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Biotempo / L’agriculture bio immobilisée ?

Suite au vote de sa position sur le plan d’action pour l’agriculture biologique par le Parlement européen en mai 2022, j’ai répondu aux questions du magazine belge Biotempo afin de partager mon point de vue plutôt critique sur le texte adopté.

C’était à Strasbourg, du 2 au 4 mai dernier. Les votes des parlementaires européens au sujet du nouveau plan d’action pour l’agriculture biologique ont été sans ambition et décevants. L’objectif d’atteindre 25 % d’agriculture bio à l’horizon de 2030 a été rejeté. Rencontre avec le député européen Claude Gruffat, membre du groupe des Verts-ALE, négociateur et corapporteur.

BIOTEMPO : Vous êtes né dans une ferme en Haute-Savoie, vous avez été conseiller agricole et vous avez cheminé jusqu’à la présidence de BIOCOOP, réseau coopérateur pionnier de la bio. Êtes-vous satisfait de ce qui s’est passé aujourd’hui (3 mai) au Parlement européen de Strasbourg ?

Claude Gruffat : Non, je ne le suis pas. Pourtant, les intentions de départ étaient bonnes, c’est la Commission européenne qui a commandé ce rapport d’initiative dénommé plan d’action pour l’agriculture biologique. Une majorité de parlementaires a rejeté les cinq amendements que nous demandions avec les Socialistes & Démocrates (S&D). Ce texte intervient dans un calendrier serré, car la nouvelle réglementation bio, négociée entre 2016 et 2018, entre en vigueur cette année. Le contexte est celui de l’European Green Deal, le Pacte vert pour l’Europe, l’instrument par lequel l’Europe politique veut rendre notre continent « climatiquement neutre » en 2050.

BT : Pourquoi aviez-vous fixé 25 % de surface agricole utile (SAU) en agriculture biologique ? Est-ce suffisant ?

CG : C’était un bon objectif. Nous l’avons soutenu car il peut faire consensus. Voyez le cas de l’Autriche. Le rapport était d’ailleurs porté par la députée autrichienne, Mme Simone Schmiedtbauer, qui est elle-même agricultrice conventionnelle. L’Autriche est de loin le plus avancé en Europe, puisque sa SAU consacrée au bio est de 26 %. Il démontre qu’il est possible, aujourd’hui, de faire prospérer l’agriculture biologique sans porter atteinte à celle de l’agriculture conventionnelle. Étonnamment, au bout de la chaîne, vous avez l’Irlande avec 2 %, c’est vraiment très peu.

Politiquement, du côté des Verts, notre ambition va plus loin. Nous voulons un tiers des surfaces agricoles en bio en 2030, 50 % en 2050 et 100 % en 2060. La conversion totale que nous défendons est réaliste. Les savoirs et les techniques existent pour y arriver. C’est la volonté qui fait défaut. Le constat est très clair. L’usage de produits toxiques pour produire de la nourriture n’est pas durable. Ça marche, même longtemps, mais à un moment donné, on se trouve face à un mur. Il y a une impasse à terme de ces modèles conventionnels.

Suite et entretien complet à retrouver dans le pdf de l’article ou via le visionneur ci-dessous.

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