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Tribune / Inflation : « Le prix élevé de la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles »

Avec une dizaine de collègues député.e.s européen.ne.s écologistes originaires de sept pays différents, nous dénonçons dans cette tribune, publiée par le journal La Croix, une inflation « largement entretenue par la flambée des prix de l’énergie ». Nous soulignons l’urgence d’une transition écologique.

Plus de trois mois après le début de la guerre en Ukraine, l’inflation dans la zone euro a atteint 8,1 % en mai, avec des taux oscillant entre 8,3 % pour l’Espagne et 5,2 % pour la France. Du jamais-vu depuis trente ans. Cette inflation est largement entretenue par la flambée des prix de l’énergie, responsable de plus de 50 % de l’augmentation des prix à la consommation. Un chiffre qui ne reflète que l’impact direct.

En effet, les coûts énergétiques ont poussé les prix à la hausse dans de nombreux secteurs, rendant l’impact global réel plus important encore. Cette hausse des prix, c’est avant tout celle des énergies fossiles, à savoir le pétrole et le gaz. Un phénomène que la Banque centrale européenne (BCE) qualifie de « fossilflation ».

Deux enseignements peuvent être dégagés de cette constatation. Premièrement, l’UE dépend fortement des combustibles fossiles russes. Or, pour financer la guerre, Poutine fixe des prix plus élevés sur ses exportations. En important du gaz ou du pétrole russes à hauteur de centaines de millions d’euros par jour, l’UE subit des prix élevés qui affectent durement les ménages européens, en particulier les plus pauvres d’entre eux. Deuxièmement, la théorie selon laquelle la seule voie possible face à l’inflation serait un resserrement de la politique monétaire est ici caduque. D’autres moteurs nourrissent l’inflation à l’œuvre actuellement dans l’UE.

La mauvaise solution de l’augmentation des taux d’intérêt

Une politique monétaire plus restrictive serait compréhensible si la hausse des prix était due à une augmentation de la demande, comme c’est le cas aux États-Unis. Or, dans la zone euro, l’inflation est surtout due à la hausse des coûts de l’énergie. Non seulement des taux d’intérêt plus élevés n’auront pas d’impact sur cette tendance.

Mais, pire, une politique monétaire qui cesserait trop tôt d’être accommodante serait extrêmement coûteuse pour notre économie. Ne répétons pas l’erreur historique commise après la dernière crise économique d’avoir augmenté trop vite les taux d’intérêt et qui avait pénalisé durablement la reprise économique européenne.

Augmenter les taux d’intérêt n’est la réponse appropriée ni à la flambée des prix du pétrole et du gaz, ni aux factures de plus en plus élevées des citoyens européens. La solution politique la plus efficace est de mettre fin à la forte dépendance de l’UE à l’égard des importations de combustibles fossiles.

Accélérer la transition énergétique

Pour y parvenir, il faut accélérer la transition énergétique en investissant massivement et rapidement dans les énergies renouvelables et en privilégiant des mesures d’efficacité énergétique. Pour lutter contre cet impôt super-régressif qu’est l’inflation, des politiques redistributives et une fiscalité juste doivent accompagner la transition verte. Un bon moyen également de combattre la précarité énergétique.

À défaut d’augmenter les taux d’intérêt, la BCE peut agir via d’autres leviers. Elle doit en effet contribuer à l’objectif global d’un bouquet énergétique plus propre. Cela commence par des opérations ciblées de refinancement à long terme plus écologiques et l’arrêt des achats d’actifs contribuant au changement climatique et à la dégradation de l’environnement.

Le mix énergétique actuel affecte en effet la capacité de la BCE à maintenir les prix stables en raison de la fossilflation. Par ailleurs, ne pas agir aujourd’hui nous expose à des conséquences à venir sur les prix bien plus persistantes et dramatiques.

Un coût difficile à supporter

Nombreux sont ceux qui aujourd’hui accusent la transition écologique d’accentuer la pression sur les prix globaux, parlant de « greenflation ». Rien n’est plus faux…

la tribune complète est à retrouver sur le site de La Croix.

 

La liste complète des signataires :

  • Rasmus Andresen (Allemagne)
  • Damien Carême (France)
  • Karima Delli (France)
  • Bas Eickhout (Pays-Bas)
  • Claude Gruffat (France)
  • Henrike Hahn (Allemagne)
  • Philippe Lamberts (Belgique)
  • Piernicola Pedicini (Italie)
  • Kira Marie Peter-Hansen (Danemark)
  • Ernest Urtasun (Espagne)

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