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Claude Gruffat : « Le bio, c’est le retour à l’équilibre »

J’ai répondu aux questions de la Nouvelle République sur les enjeux autour de l’agriculture bio.

Le député européen, l’un des pionniers du commerce de l’alimentation biologique en France, milite pour un modèle agricole repensé à l’échelle mondiale.

En troquant l’habit de dirigeant d’entreprise pour celui de parlementaire européen, Claude Gruffat est devenu, selon sa propre formule, un « entrepreneur militant ». La lecture, dans nos colonnes, des propos de François Grudet, auteur de Biogate, pour en finir avec l’utopie du bio (éditions Mareuil), l’a fait réagir. Membre de la commission de l’agriculture au parlement de Strasbourg, il défend une priorité : endiguer la baisse massive de la fertilité des sols, en restaurant à l’échelle planétaire les grands équilibres perdus de la biodiversité.

Diriez-vous que l’agriculture biologique d’aujourd’hui respecte toujours la promesse originelle, celle de produits plus sains pour l’homme comme pour la nature ?

« Depuis un peu plus de quarante ans en France, des agriculteurs ont refusé de suivre la voie industrielle, en retrouvant un modèle de travail qui n’accélère pas les rythmes de la nature. Ils ont compris que des rendements en grandes cultures passant de 50 à 120 quintaux à l’hectare, des vaches laitières produisant 11.000 litres plutôt que 4.500, cela allait finir par poser un vrai problème. Et ces agriculteurs, je peux vous dire qu’ils restent mobilisés sur les principes du bio. Mais l’enjeu économique n’est plus le même : avant 2000, le marché du bio pesait à peine trois milliards d’euros en France. Aujourd’hui, il représente 13,5 milliards. Alors oui, la filière intéresse l’industrie et celle-ci est prompte à des remises en cause au nom du profit. Pour autant, dire que la filière bio serait ensevelie sous la masse d’une production intensive qui en trahirait les principes, cela me semble très exagéré. Le bio reste un modèle vertueux porté par des gens qui en font une philosophie. »

Certaines productions semblent pourtant franchir la ligne rouge…

« C’est vrai et il faut être vigilant. Il y a l’aviculture, par exemple. On a aujourd’hui des bâtiments qui respectent des normes administratives, mais qui ne sont pas adaptés aux conditions optimales de l’élevage de volailles de plein air, tout simplement parce qu’ils ne permettent pas à toutes les volailles de sortir. On labellise ainsi des produits qui ne devraient pas l’être. Pour autant, il ne faut pas fantasmer sur une Union européenne qui passerait son temps à adopter des règlements pour freiner l’essor de la filière bio. Ce n’est pas la réalité. On a eu des évolutions et il faut continuer dans un sens qui tend vers une prise de conscience généralisée : le bio, c’est le retour à l’équilibre. Si on ne réagit pas maintenant, nous n’endiguerons plus le réchauffement climatique et ses conséquences. Prenons juste l’exemple de la Beauce : on était à 6 % de matières organiques dans les sols à la moitié du 20e siècle. On est aujourd’hui à 1,5 %. Je rappelle qu’à moins de 1 %, c’est le désert qui gagne. »

Un autre modèle que le profit industriel Que répondez-vous à ceux qui affirment que l’agriculture biologique n’a pas la capacité de nourrir toute l’humanité ?

« Voilà typiquement une affirmation d’industriel qui ne connaît que son modèle. Il commence par vous dire que lui, au moins, nourrit le monde, selon la formule consacrée. Cela fait environ quatre-vingts ans que l’agriculture industrielle est au pouvoir sur la planète. Sur sept milliards d’humains, 800 millions souffrent de la faim et deux milliards sont malnutris. La promesse de nourrir le monde est donc loin d’être tenue. Et surtout, qui sont les agriculteurs à la surface du globe en 2021 ?..

Suite et entretien complet à retrouver sur le site de la Nouvelle République.

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