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Une semaine à Strasbourg entre compromissions et double jeu

Deux événements majeurs ont marqué cette semaine de plénière au Parlement européen à Strasbourg : l’élection de l’eurodéputée anti-IVG Roberta Metsola à la présidence de l’institution et le discours du Président Macron, venu présenter les grandes lignes du programme de la présidence française du Conseil de l’UE. L’occasion de voir à l’œuvre une alliance stupéfiante allant des néo-nazis italiens aux socialistes européens en passant par les conservateurs et le groupe des macronistes.

Affairés à sécuriser des postes (Vice-Présidences, questeurs, etc.), les trois grands groupes du Parlement européen (macronistes, socialistes, droite conservatrice) ont choisi de laisser de côté leurs fondamentaux et de faire passer les négociations d’appareil avant le fond des dossiers.

L’élection de Roberta Metsola, fruit des pires compromissions

Mardi, l’élection à la présidence du Parlement européen de Roberta Metsola, élue maltaise notoirement anti-IVG, aura été le point d’orgue de cette séquence. Un deal honteux, rendu possible par la sécurisation des voix du groupe ECR, situé à l’extrême-droite de l’échiquier politique européen et composé d’un certain nombre d’élu-es clairement néo-fascistes voire nostalgiques du nazisme.

Notre groupe des Verts/ALE n’a évidemment pas envisagé de soutenir une candidature qui est une honte et une régression 40 ans après l’élection à ce poste de Simone Veil. C’est pourquoi nous avons présenté notre collègue Alice Bah Kuhnke, écologiste suédoise, ancienne ministre, qui alliait compétence, expérience et charisme et qui a attiré au moment du vote plus de voix que n’en offrait potentiellement notre groupe (101 voix pour 72 élus.e.s dans notre groupe). Nous avions exploré avant cela la possibilité de monter une coalition avec les forces progressistes, notamment le groupe des Socialistes et Démocrates mais sans succès. Visiblement une consigne du « tout sauf les écolos » était suivie scrupuleusement.

Comme le rappelaient dans un communiqué David Cormand et Michèle Rivasi, co-président.e.s de la délégation écologiste française , « Socialistes et libéraux contribuent donc à une forme de clarification politique : à l’heure de gouverner au niveau européen, elles et ils se tournent vers la droite et une partie de l’extrême droite. Il est vrai que les exigences des écologistes pour le climat, la transparence, le renforcement du rôle du Parlement et les droits des femmes les auraient sans doute encombrés. »

Emmanuel Macron : la duplicité d’un Président en campagne sur le dos de l’Europe

Mercredi, le Président français est donc venu présenter le programme de la Présidence française du Conseil de l’UE (et non pas de la Présidence de l’Union Européenne comme le sous-entend son service de communication). Comme d’habitude avec lui, nous avons eu droit à un beau discours avec de jolis mots et de belles citations. Un bel exercice qui a du mal à se concrétiser dans les faits.

En effet, au vu de son bilan français on est en droit de s’interroger sur son action européenne :

  • Explosion des inégalités et du patrimoine des plus riches.
  • Extrême droite et droite dure prévus à près de 50% au premier tour de la présidentielle.
  • Files interminables devant les associations d’aide alimentaire.
  • La folie nucléaire et le saccage des fonds marins en réponse à la crise climatique.
  • La France condamnée plusieurs fois pour inaction climatique.
  • Un pays montré du doigt pour ses reculs graves sur l’État de droit et la liberté de la presse.

Le Président Macron se fait passer pour un pro-européen mais :

  • Il n’hésite pas à s’allier avec l’extrême droite pour gratter quelques postes comme on l’a donc vu avec l’élection de la Présidente du Parlement.
  • Il a combattu main dans la main avec les grands patrons pour affaiblir les négociations sur la transparence fiscale des multinationales; fidèle à la note rédigée par le Medef.
  • Il s’est allié avec l’extrême droite de Viktor Orban en Hongrie et le gouvernement autoritaire de la République tchèque pour défendre le gaz et le nucléaire comme des énergies vertes dans la taxonomie européenne.
  • Il a pesé pour réduire l’ambition de l’accord fiscal international, de 20% proposé par Biden à 15%, sur la taxation des multinationales et de leurs bénéfices à l’étranger.
  • Il œuvre activement pour toujours plus de glyphosate et de néonicotinoïdes alors que l’UE a exigé leur interdiction.

Le Président nous aura gratifié d’un long discours très lyrique mais auto satisfait, s’auto-discernant en passant des lauriers environnementaux, climatiques et sociétaux, faisant fi des condamnations récentes de la France pour inaction climatique. Yannick Jadot, qui intervenait pour notre groupe politique, l’a interpellé : “Monsieur le Président, cessez de tendre l’oreille aux théories fumeuses et nauséabondes du grand remplacement ! Occupez-vous plutôt de la vérité scientifique du grand réchauffement ! “. Il s’est fait un devoir de le mettre devant sa duplicité en pointant ce que nous dénonçons depuis longtemps : le macronisme peut se résumer à de beaux discours généralement démentis par la réalité. Nous ne sommes plus dupes.

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