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Dégâts dus au gel : aidons les paysan·ne·s sans tarder mais surtout anticipons les crises à venir

Je me suis rendu avec Yannick Jadot et Charles Fournier à Mont-prés-Chambord dans le Loir-et-Cher pour constater les ravages du gel sur les vignes de Cyrille Sevin, vigneron bio.

Après une période de temps doux qui a facilité le débourrement, les épisodes de froids de début avril ont été catastrophiques. Dans le Val-de-Loire, les cépages précoces (Gamay, Chardonnet …) ont subi des dégâts très importants en particulier dans les zones les plus gélives. Il ne restera plus beaucoup de bourgeons fructifères et la récolte de cette année s’annonce donc très mauvaise en quantité. La faute au froid hivernal mais aussi à la chaleur inhabituellement forte de la semaine précédente due à un climat totalement déréglé.

Plus inquiétant, alors que son prédécesseur subissait un épisode de froid extrême une fois tous les 12 à 15 ans, M. Sevin en aura connu un tous les 2 ans depuis son installation il y a 10 ans. Le dérèglement climatique a rendu ces aléas non plus exceptionnels mais habituels.

Si la récolte de cette année est d’ores et déjà compromise, il faut encore attendre un mois pour savoir si les vignes elles-mêmes sont menacées. Au niveau économique les pertes sont immenses mais la viticulture, contrairement à l’arboriculture, a des stocks qui permettent d’amortir un peu la crise. Maigre consolation.

Plutôt que de réaffirmer l’importance de la lutte contre le dérèglement climatique et d’annoncer l’indispensable remise à plat des approches agronomiques pour anticiper les bouleversements climatiques inéluctables, le Ministre de l’Agriculture et la FNSEA préfèrent débattre des politiques d’indemnisations qui seront à terme totalement ingérables quand les dégâts seront devenus massifs et annuels. Des pistes existent pourtant pour minimiser les drames à l’avenir.

Profitons des négociations encore ouvertes sur la nouvelle PAC pour :

  • Favoriser des pratiques et variétés adaptées en s’appuyant sur les modes de production agroécologiques qui renforcent la résilience et la durabilité notamment en diversifiant les cultures et en utilisant des espèces et variétés plus résistantes (à la sécheresse et au froid).
  • Valoriser les services rendus par la biodiversité. Par exemple, mieux gérer l’eau, recourir à l’agroforesterie sont aussi des impératifs pour une agriculture résiliente.
  • Repenser les assurances récoltes. Trop chères, mal calibrées, les assurances privées actuelles sont peu prisées des paysan·ne·s. À la fin c’est généralement la puissance publique et donc les contribuables qui sont mis à contribution. Il est préférable de mettre en place un système d’assurance mutualisé pluriannuel qui sera accessible au plus grand nombre de producteurs. Raison de plus pour inclure la réflexion sur ce sujet dans la réforme en cours de la PAC qui prévoit déjà dans son 2ème pilier une proposition couverture des risques certes insuffisante, mais à améliorer.

 

 

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