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Adoption de la stratégie « de la Ferme à la fourchette » : une excellente nouvelle pour nos assiettes, l’environnement et les paysan.ne.s

Le Parlement européen a voté son soutien à la stratégie agricole et alimentaire « Farm to Fork » de la Commission européenne, qui porte de fortes ambitions environnementales et climatiques. L’adoption de ce texte questionne de nombreuses politiques européennes dont la PAC qui devrait logiquement être revue à l’aune de ces nouvelles ambitions.

Présentée en mai 2020 cette déclinaison du Pacte Vert pour notre système alimentaire annonce des objectifs relativement ambitieux (-50% de pesticides, -20% d’engrais chimiques -50% d’antibiotiques, 25% de surfaces agricoles en bio…) à atteindre au plus tard en 2030.

Le point faible de la stratégie reste l’absence de certaines mesures concrètes qui permettraient d’atteindre les objectifs visés et, en premier lieu, le manque de lien formel avec la prochaine politique agricole commune (PAC).

Après plus d’une année de négociation (et plus de 2200 amendements), les commissions des affaires agricoles (AGRI) et environnementales (ENVI) avaient adopté en septembre 2021 un rapport d’initiative en réponse à la stratégie. Ce rapport, adopté donc aujourd’hui en plénière à Strasbourg, exprime son soutien pour tous les objectifs de la stratégie et va même au-delà de la stratégie dans certains domaines, en suggérant par exemple des mesures plus ambitieuses et/ou plus concrètes sur les pesticides, l’émission de gaz à effet de serre, l’étiquetage, ou encore le bien-être animal.

En ce qui concerne le lien avec la PAC, le rapport appelle les États membres à démontrer que leurs plans stratégiques nationaux contribueront effectivement aux objectifs du Pacte Vert.

En tant que membre de la Commission IMCO (Marché Intérieur et Protection des Consommateurs), j’ai été rapporteur d’un avis sur le texte au nom de cette commission. À ce titre je suis fier d’avoir porté plusieurs avancées présentes dans le texte final :

  • promotion d’une alimentation saine et durable (moins de sucres de sel de graisse, régimes diversifiés et mieux équilibrés entre végétal et viande),
  • limitation de la publicité et la commercialisation de produits transformés malsains auprès des enfants,
  • mise en place d’une gouvernance et d’un code de conduite des entreprises pour les rendre responsables de la durabilité de la santé,
  • meilleure information pour aider les consommateurs : étiquetage obligatoire de l’origine y compris pour les ingrédients ; étiquetage nutritionnel obligatoire puis un étiquetage sur la durabilité et sur le bien-être animal,
  • soutien aux systèmes alimentaires régionaux aux circuits courts,
  • adaptation des règles de marchés publics renforçant une alimentation locale et de qualité (bio et produits de qualité sous indication géographique protégée),
  • renforcement de la lutte contre le gaspillage, contre la fraude et les pratiques commerciales déloyales.

Suite à une adoption en commission à une grande majorité, les lobbies agro-alimentaires ont exercé une très forte pression sur les élu.e.s dans les semaines précédant le vote, faisant tourner à plein régime la fabrique du doute et annonçant une catastrophe alimentaire et un apocalypse social en s’appuyant notamment sur des études d’impact incomplètes et biaisés. Sensibles à ces arguments une immense majorité de la droite et l’extrême droite française a suivi la ligne des lobbies agro-industriels et s’est opposée au texte.

Malgré quelques points négatifs comme le manque d’ambition sur la réduction des engrais ou la référence aux nouvelles techniques de sélection génomiques (nouveaux OGM), le texte est globalement bon et porte des avancées majeures. C’est pourquoi je l’ai défendu en plénière et me réjouis de son adoption relativement large.

Ce rapport n’est pas législativement contraignant mais constitue un signal fort envoyé à la Commission européenne et aux États membres pour le niveau d’ambitions environnementales et climatiques attendu par les Européen.ne.s sur les questions alimentaires. Avec le groupe des Verts au Parlement européen nous sommes vigilants pour que son contenu vienne désormais irriguer les politiques européennes à commencer par la Politique agricole commune dont la révision en cours piétine les ambitions écologiques.

 


Mon intervention lors du débat sur ce texte à Strasbourg


Ci-dessous les votes des groupes politiques sur le texte final.

Photo d’illustration © European Union 2021 – Source : EP

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