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Sécheresse : les paysans n’ont pas besoin de produits financiers toxiques mais d’un changement ambitieux des pratiques agricoles

Suite à la sécheresse qui impacte sévèrement l’ensemble de l’agriculture française, la FNSEA a publié un communiqué qui met à jour un inquiétant manque de vision d’avenir pour l’agriculture française et européenne face au défi climatique. Réaction de l’eurodéputé Claude Gruffat.

Pour Claude GRUFFAT, Député européen Europe Écologie, membre de la Commission des affaires agricoles du Parlement européen :

Les français sont attachés à leur agriculture et à celles et ceux qui les nourrissent quelque soient les circonstances. Rien de plus normal que d’aider la profession agricole, sévèrement touchée par la sécheresse de cette année.

Mais, au fil des ans, ce type de catastrophe, liée clairement aux aléas climatiques, est devenu la norme. Il n’y a plus lieu de les traiter comme des épisodes exceptionnels.
Au-delà du besoin en aides immédiates qui fait consensus, se pose la question de l’anticipation, pour permettre aux paysans de continuer à exercer sereinement leur métier et à en vivre correctement.

Les « mesures de fond » proposées par la FNSEA comme le stockage hivernal d’eau et les dispositifs d’assurances contre les aléas climatique ne sont pas acceptables. Le stockage car peu efficace et dangereux pour les écosystèmes et les assurances car trop coûteuses à terme et ne répondant en rien au problème de fond. Notre agriculture ne peut définitivement pas fonctionner avec des rustines et grâce à un soutien financier de plus en plus important.

On est là dans la fuite en avant plus que dans l’adaptation et la projection à moyen et long termes. L’avenir des paysans ne réside pas dans des produits financiers toxiques mais dans un changement ambitieux des pratiques agricoles : il faut notamment adapter nos productions, valoriser des espèces moins gourmandes en eau (sorgho, silphie, chanvre…), et redonner un rôle central à la biodiversité qui peut rendre des services inestimables dans la séquestration de l’eau en été en plus d’être bénéfique pour la richesse des sols et la résistance des cultures face aux nuisibles.

Ce changement de logiciel, les écologistes le portent, notamment au niveau européen, dans le cadre de la révision de la Politique Agricole Commune (PAC). La FNSEA doit d’urgence faire sa mise à jour pour soutenir enfin une agriculture viable et vivable, capable d’attirer et d’installer de nombreux paysans. Les français sont disposés à accompagner leurs agriculteurs dans la durée comme le demande la FNSEA mais avec une vraie vision d’avenir pour notre souveraineté alimentaire portée par une agriculture pérenne sur l’ensemble des territoires.

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