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Label HVE : pâle imitation du label Bio ?

Logo de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE)

Subventions de la PAC, part de produits alloués dans les cantines… Le gouvernement français met le label Haute Valeur Environnementale (label HVE) au même niveau que le label Bio. Mais les deux sont-ils vraiment au même niveau ? Quelles sont les conséquences de cette pratique sur la transition vers l’agriculture durable ? Et sur notre assiette ? Une étude lève le voile sur ce greenwashing de l’agro-industrie.

 

Le label HVE n’apporte pas d’amélioration des performances environnementales

 

La Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique a publié en juillet dernier une étude, financée par le groupe des Verts/ALE, révélant que le label Haute Valeur Environnementale (HVE) n’entraîne en réalité que peu d’améliorations sur les performances environnementales.

D’après le ministère de l’Agriculture, le label HVE a pour objectif de « valoriser les bonnes pratiques » des agriculteurs et agricultrices. Apposer ce label sur un produit garantit « que les pratiques agricoles utilisées sur l’ensemble d’une exploitation préservent l’écosystème naturel et réduisent au minimum la pression sur l’environnement (sol, eau, biodiversité…) ».

L’étude de la FNAB révèle qu’en réalité cela n’entraîne que peu d’améliorations environnementales. Les conditions d’attribution du label ne sont pas assez contraignantes pour impliquer de véritables changements de pratiques des agriculteurs et agricultrices.

 

Le label HVE, discriminant pour les produits certifiés Agriculture Biologique

 

Lors de sa mise en place en 2014, le gouvernement français pense le label HVE comme une étape vers le label Bio. Il devait permettre de valoriser les efforts de transition des paysans. Mais l’étude montre que cela permet surtout de verdir artificiellement un modèle d’agriculture productiviste. En somme, encore une invention relevant du greenwashing issue des lobbies de l’agro-industrie.

Or, le gouvernement français a décidé d’utiliser le label HVE pour les subventions et avantages des produits durables, au même titre que le label Bio.

Dans les cantines, d’abord. Actuellement, les cantines doivent servir 50% d’aliments « durables », dont 20% de labellisés Bio. Les prestataires répartissent les 30% restant, ils peuvent donc y mettre uniquement des aliments labellisés HVE. Cela crée un net traitement de faveur pour le label HVE. 

Ces pratiques sont donc d’abord inefficaces sur le plan écologique comparées à celles de l’agriculture biologique. Les performances de cette dernière sur l’alimentation, la santé et l’environnement sont de très loin supérieures. 

 

Pour les subventions de la PAC, ensuite. Dans les aides données par la Politique Agricole Commune, une partie est réservée aux fermes durables. Et le gouvernement français a décidé d’inclure les fermes labellisées HVE dans ces « fermes durables ».

C’est-à-dire que les fermes labellisées Bio, qui répondent à des règles de production très rigoureuses en matière de durabilité, sont traitées de la même manière que les fermes labellisées HVE dont les pratiques sont beaucoup moins exigeantes. Le tout, avec un argent censé favoriser la durabilité. On marche sur la tête !

 

Le label HVE illégal pour la Commission européenne

 

Ces pratiques sont déloyales et illégales pour le droit européen. C’est la seconde conclusion de l’étude de la FNAB : l’utilisation du label HVE par la France crée une concurrence déloyale sur le marché européen.

Ce label est une exception française. Un produit de même qualité peut obtenir ce label en France, mais ne le pourra donc pas en Italie, par exemple. Le produit français recevra donc les aides de la PAC pour les produits durables, mais pas le produit italien. En ce sens, la concurrence est déloyale pour le produit italien, et c’est illégal. 

La Commission a dénoncé cette illégalité, se disant « préoccupée » par les risques de « déconversion ». Les producteurs, voyant que les aides à la durabilité peuvent être distribuées en faisant moins d’efforts de réduction des pesticides ou de préservation de la biodiversité, pourraient revenir à des pratiques moins durables. 

Mais malgré cette mise en garde, la France n’a pas suffisamment changé ses règles de distribution des aides de la PAC, ni son utilisation du label HVE. Il permet encore à de nombreux produits de bénéficier d’avantages au même titre que les produits bio. 

 

Les consommateurs, victimes de ce greenwashing

 

Le problème retombe aussi sur les consommateurs. Quand il est face aux produits dans le rayon, le consommateur n’a pas les moyens de connaître les conditions de certification. Le label HVE provoque alors une confusion, qui ne lui permet pas de faire un choix fiable et éclairé.

Les consommateurs et les consommatrices s’orientent en toute confiance vers ce label mensonger, le leurre est total. 

 

« C’est tout à fait le genre de chose qui me révolte. Le label bio fonctionne, il est ambitieux et incite vraiment les agriculteurs et agricultrices à changer leurs pratiques. Avec ce label HVE, la France voit ses ambitions à la baisse en créant une concurrence directe au bio. Ce greenwashing est inacceptable et l’étude montre en plus qu’il est illégal au sens du droit européen. »

Claude Gruffat, député européen du groupe des Verts/ALE

 

Retrouvez l’étude ici :

Etude HVE pour la Commission Européenne

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